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L’école dans les années 1940/1950

Photo de classe de l’époque

A cette époque, l‘institutrice s’appelait Melle CLASSE ; ce n’est qu’en 1948 qu’elle se maria à M.NOEL Roger. Elle était originaire de Soissons ; elle habitait la mairie au rez -de- chaussée : l’actuel secrétariat était la salle à manger, le bureau du maire, la cuisine. Il n’y avait pas de toilettes sous l’escalier ; elles se trouvaient dans la cour au niveau du transformateur actuel. Le jardin se trouvait à la place du préfabriqué. La récréation avait lieu devant la mairie.

La mairie était à l’étage, au- dessus de l’actuelle salle de réunions qui était la salle de classe.

Melle CLASSE organisait des « représentations théâtrales ». Sa sœur , modéliste-couturière de métier- confectionnait les costumes en papier crépon. En guise de décor, il y avait des panneaux couverts de papier-peint ; des programmes étaient vendus pour alimenter la coopérative qui payait entre autres les prix d’honneur. La vente de  fleurs séchées  rapportait aussi à celle-ci.

Des voyages à Paris étaient  organisés : zoo de Vincennes, Tour Eiffel, Bateaux-mouches…

Au quotidien, les élèves (au nombre de 17 environ) effectuaient chacun leur tour les corvées : allumer le feu, nettoyer les tables…

Quand Melle CLASSE arriva à Rouville, le maire, M.BELLARD lui fit confiance et la nomma secrétaire de mairie.

L’été, des camps étaient organisés par le patronage tenu par les abbés du canton (siège situé rue de Soissons à Crépy)  au château d’Offémont (près de Tracy le Mont ) .Ils pouvaient durer 15 jours voire plus .Des activités étaient aussi organisées chaque jeudi, jour de congé des enfants à cette époque.

Ensuite les élèves allaient (seulement certains car les autres , après le certificat, entraient en apprentissage chez un patron avec un contrat de 3 ans)  au cours complémentaire, rue Alexandre Dumas à Crépy . Le directeur se nommait M.Greunard. L’établissement a depuis été démoli et des immeubles ont été construits.

La « mare au sec » : autrefois, sur la droite, se trouvait un lavoir couvert qui a été démoli pendant la 2nde Guerre Mondiale ; l’eau qui y arrivait était propre.

ROUVILLE  AUTREFOIS 

Voici quelques chiffres sur Rouville et certains villages alentours :

I : LA POPULATION

1 : la population en général :

Les chiffres qui suivent sont empruntés aux recensements administratifs

Commune1720179018061821182618311836
Rouville91123164190180186191
Auger st Vin417318397378350426396
Crépy2062256526082549268926192582
Duvy129163188187203205223
Glaignes154232286280341326351
Ormoy Viller199193246244282306304
Rocquemont130155160139147163166

La diminution de la population constatée entre 1831 et 1836 pour certaines communes est due aux ravages du choléra qui sévit en 1832.

Les communes les moins peuplées en proportion de leur étendue de territoire sont Duvy, Rouville et Rocquemont.

            2 : la population par sexe :

Selon le recensement de 1831 :

CommunesgarçonsfillesHommes mariésFemmes mariéesveufsveuvesMilitaires aux arméestotal
Rouville614035344102186
Auger st Vincent9412990906152426
Crépy56567954555369183252619
Duvy54484746163205
Glaignes758072735192326
Ormoy Villlers788957574156306
Rocquemont37453636072163

            3 : la population par âge :

Selon le recensement de 1831 :

CommunesMoins de 55 à 1010 à 1212 à 1515 à 2020 à 3030 à 40
Rouville (1)21171515192524
Auger (2)51453037404067
Crépy (3)25124697143226412381
Duvy (4)2225915183432
Glaignes (5)49371416303752
Ormoy (6)43321531224640
Rocquemont (7)2123614132318
Nombres40 à 5050 à 6060 à 7070 à 8080 à 9090 à 100total
1181810310186
2532628810426
32862392071082122619
429612300205
53529151020326
6272516800306
716187400163

            4 : mouvement de la population entre 1822 et 1833 :

Communesnaissancesmariagesdécès
Auger Saint Vincent1233899
Crépy en Valois772228723
Duvy861849
Glaignes1273078
Ormoy Villers912275
Rocquemont541531
Rouville621750

Remarques sur la constitution physique :

« La population ne se distingue par aucun caractère uniforme et tranché de celle des pays voisins ; l’ancienneté de la civilisation, les relations commerciales et le mouvement continuel qu’elles entraînent, ont produit un mélange incessant des races diverses qui a fait disparaître, depuis une époque reculée, le type de l’espèce humaine propre à ce canton. Son facies(1) général est celui qui domine dans toute l’Isle-de-France. Mais la division typographique du sol en vallées et en plateaux, a exercé une influence assez puissante pour que ses effets en soient reconnaissables jusque sur les constitutions individuelles. Les habitants des villages situés en plaine sont la plupart doués d’un tempérament sanguin ; leur système musculaire est fortement prononcé, leur taille élevée, leur coloration vive ; les cheveux varient du blond au châtain ; les visages sont arrondis plutôt qu’ovales. La population des lieux bas, vivant dans des vallées encaissées, dont le plafond est constamment aqueux (2), reçoit de cet excès continuel d’humidité une disposition à la prédominance du tempérament lymphatique (3) ; on y voit en grand nombre des individus faibles, mal développés ; la coloration de la peau s’y montre presque blafarde, tandis que les cheveux et les yeux sont noirs ou bruns. Les goitres (4) et les déformations rachitiques y sont fréquentes . »

cf archives dans le « Graves »

(1)  Facies : aspect du visage

(2)  Aqueux : qui est de la nature de l’eau.

(3)  Lymphatique : tempérament caractérisé par la lenteur, l’apathie

 (4)  Goitre : déformation de la partie antérieure du cou, résultant d’une augmentation de la glande thyroïde, dans sa totalité ou sous forme de nodules.

Les chiffres qui suivent sont empruntés aux recensements administratifs

Le café

Dans les années 1932/34,le café fut d’abord tenu  par Madame Levasseur :elle était veuve et avait évacué dans le même tombereau que la famille Demont ; elle était aussi la tante de la mère de Jean-Claude Demont . En 1940, avec la guerre et l’exode, elle perdit la tête et ses héritiers vendirent sa maison aux Lacroix qui reprirent le café. Ce fut ensuite Madame Bonnay qui le tint (de 1948 à 1964) mais elle était locataire de ce dernier. En 1964, Jean-Claude Demont devint à son tour locataire des Lacroix ; c’était sa femme qui tenait le café pendant que lui, travaillait chez Poclain. En 1968, M. Vincent, concubin de Madame Lacroix, leur proposa de le racheter car il en avait assez de l’entretenir. Ce café fut pendant longtemps un lieu important de la vie à Rouville . Il était ouvert tous les jours sauf le jeudi matin (il devait ouvrir tous les jours car il était en même temps débit de tabac ; il n’avait donc droit qu’à une demi- journée de fermeture par semaine) de 7 à 22 heures ; en rentrant du travail, Jean-Claude aidait sa femme mais aussi les autres :il livrait les personnes âgées ; et le café étant l’un des seuls à avoir le téléphone, beaucoup de messages et d’ appels passaient par là. Il fut fermé en 1982 ; en effet, la motorisation et les commerces ambulants (Goulet Turpin, les coopérateurs de Champagne, le poissonnier, le laitier, le boucher, le boulanger) prenant de l’ampleur, la clientèle se fit trop rare et le commerce ne fut plus rentable.

Un autre épisode de la vie de Jean-Claude : Quand il eut 12 ans-et pendant 3 ans environ, il remplaça le  garde-champêtre, M.Bauchard , quand celui-ci était absent. Il remontait l’horloge de la mairie, annonçait les messages avec la cloche…

Il a aussi activement participé à la vie publique du village de 1965 à 2014 et est décédé en juillet 2015.